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 Uderzo dans la revue Comic Box !

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Juju
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MessageSujet: Uderzo dans la revue Comic Box !   Sam 28 Juin 2008 - 20:41

Dans le numéro d'été du magazine "Comic Box" (revue consacré aux BD des super-héros) , on a droit à une interview d'Albert Uderzo ! Quoi, que vient faire Uderzo là-dedans ?

Et bien à ses débuts de dessinateur, Uderzo a dessiné la BD "Captain Marvel" (qui existait aux Etats-Unis je crois) dont le héros est bien entendu un super héros. Ce personnage n'a jamais eu d'album à ma connaissance donc impossible de vous dire si ses histoires valent le coup. Je pense qu'il y a des extraits de cette BD dans certains des ouvrages consacrés au Maître.
L'interview semble intéressante et s'étale sur 4-5 pages je crois, donc peut-être achèterais-je le magazine (qui coûte 6,5 euros).
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flupke

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Dim 29 Juin 2008 - 18:52

Dans son autobiographie il en parle a peine mais en effet cela peut etre intéressant.Pourrais tu m'etre l'interview sur le forum?
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Juju
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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Dim 29 Juin 2008 - 20:11

Si j'achète le magazine pas de problème pour l'afficher ici, mais je ne sais pas encore si je vais acquérir l'ouvrage.
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flupke

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Lun 30 Juin 2008 - 0:41

Bah c'est pas cher ta rien a perdre^^.
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Tristantitoune

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Mar 1 Juil 2008 - 12:02

oui peut etre aurons nous le droit à des souvenirs encore jamais dit
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flupke

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Mar 1 Juil 2008 - 18:08

Ouais mais bon il y a quand meme 5 ou 6 ouvrage sur Uderzo(donc une autobio) bon contrairement a Hergé qui en a 150 juste en francais c'est peu mais si le sujet t'intéresse...
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flupke

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Ven 15 Aoû 2008 - 3:47

Extrait de Capitaine Marvel Jr en néerlandais.


Cette série originale est l'oeuvre d'Albert Uderzo le futur auteur d'Astérix. Elle parait en avril 1950 dans le journal belge Bravo.Un peu à la manière d'un Spiderman qui piqué par une araignée se voit doter de pouvoirs étranges, Freddy Freman est un jeune orphelin, infirme qui par hasard en voulant sauver un savant fou le professeur Satano de son laboratoire détruit par une explosion, en ressort doté de pouvoirs surnaturels.Satano qui ne vise pas moins que la place de Maitre du Monde, se trouve contrecarré dans ses efforts destructeurs par le jeune Capitaine Marvel Jr...

Le texte ci dessus et les images si dessous son tiré de se site. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Dernière édition par flupke le Ven 15 Aoû 2008 - 3:59, édité 2 fois
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flupke

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Ven 15 Aoû 2008 - 3:55


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flupke

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Ven 15 Aoû 2008 - 3:56


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flupke

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Ven 15 Aoû 2008 - 3:57


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Juju
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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Ven 15 Aoû 2008 - 18:11

Un grand merci pour ces planches flupke ! je ne connaissais pas ce site, je te félicite de l'avoir trouvé !

Concernant l'interview, j'avais pris des photos mais on ne voit rien, je ne veux pas la scanner pour ne pas abîmer mon magazine, du coup je suis en train de la taper sur PC, et dès que j'ai fini je la mets sur le site. Elle est intéressante, mais on n'apprend pas tant de choses que ça sur la série car Uderzo n'a plus beaucoup de souvenirs (on peut le comprendre !). Heureusement un article nous éclaire sur les aventures de Capitaine Marvel Junior !
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flupke

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Ven 15 Aoû 2008 - 22:37

Sur que entre 15-16 ans et 83(?) il y a quelques souvenir qui s'efface...N'empeche je suis curieux de voir l'interview Razz .


Dernière édition par flupke le Jeu 4 Sep 2008 - 23:53, édité 1 fois
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Juju
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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Jeu 4 Sep 2008 - 0:02

Vous dites que ce sont les bandes dessinées américaines qui vous ont encouragé à devenir dessinateur. Pourriez-vous nous en dire plus ?

C’est-à-dire qu’à mon époque, il n’y avait à ce moment-là que ce qu’on appelait « les petits miquets ». Outre les super-héros que j’aimais beaucoup, j’étais un vrai fan de ce grand monsieur : Walt Disney. J’avais d’ailleurs coutume de dire (et la force d’y croire) que je deviendrais le Walt Disney de Bobigny… Lorsque j’étais petit, je voulais devenir clown… J’ai souhaité ensuite être mécanicien, comme mon frère aîné. J’adore les voitures, comme chacun sait. J’ai laissé tomber l’idée au profit de la carrière de dessinateur que je suis devenu. Depuis mon plus jeune âge, mon frère aîné était convaincu de mes talents et j’avoue qu’il m’a beaucoup poussé. J’ai toujours dessiné tous les styles de BD, qu’ils soient réalistes ou humoristiques, mais il est vrai qu’à l’époque où nous avons créé la série Astérix, j’avais un goût pour des héros musclés… qui me venait évidemment des comics qui avaient excité mon imagination, cela va sans dire. La présence d’Obélix dans la série en est encore la preuve. René ne voulait pas d’un héros trop fort alors j’ai abondé dans son sens en dessinant Astérix petit et malingre. Mais on dit de moi que je suis têtu, alors j’ai quand même flanqué le petit Gaulois d’un copain un peu plus gros… (parlant à la place d’Obélix) « Qui est gros ? »



Dans une première période de votre carrière, votre signature n’était pas Albert mais Al Uderzo. Est-ce qu’il s’agissait d’une volonté propre (façon Jean-Philippe Smet/Johnny Hallyday) ou bien le milieu cherchait-il plus à déguiser sa production comme si elle venait des Etats-Unis ?


Oh que non, la raison est bien plus simple et risible que ça. A l’époque de cette signature, j’avais 18 ans… et comme disait Rimbaud, « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans » ! On veut toujours faire « bonne figure », alors au début je signais « Al » pour en imposer, façon gros dur à la Al Capone… Il faut dire qu’à l’époque, nous subissions en France une forte influence américaine tant par les BD que par la mode et la culture en général. Ce n’est que bien après que j’ai découvert la production belge avec Hergé, bien sûr, mais surtout mon ami Franquin ! Je ne connaissais même pas la production française, si ce n’est par Calvo, qui selon, moi, se distinguait et de loin !!! Puis j’ai enlevé un « l » et très vitre je n’ai gardé que Uderzo simplement…


Vous avez fait vos débuts à la société parisienne d’édition (qui publiait entre autres des bandes dessinées traduites de l’étranger, comme Flash Gordon), où vous aviez des fonctions de lettreur et de retoucheur. Vous souvenez-vous d’avoir travaillé (ou pas) sur la retouchez de ces bandes étrangères ?

Pour tout vous dire, je ne me souviens pas des titres sur lesquels j’ai pu travailler. En revanche, j’ai le souvenir d’avoir beaucoup travaillé sur les lettrages des titres car, à l’époque, nous devions aussi dessiner les titres de ces séries, de la même manière que les titres des magazines féminins.


Pour tout vous dire, je ne me souviens pas des titres sur lesquels j’ai pu travailler. En revanche, j’ai le souvenir d’avoir beaucoup travaillé sur les lettrages des titres car, à l’époque, nous devions aussi dessiner les titres de ces séries, de la même manière que les titres des magazines féminins.


En 1950, vous avez eu l’occasion de dessiner Capitaine Marvel pour le magazine belge Bravo. Vous souvenez-vous dans quelles circonstances on vous a demandé de produire les aventures d’un héros à la base américain ?

Oh, c’est plutôt en 1946 que j’ai dessiné Captain Marvel. J’vais été à l’époque contacté par une agence française ( Paris Graphic ) qui recherchait un dessinateur pour le compte du groupe de presse belge Le Soir. La rédaction de ce nouveau journal, Bravo, venait d’acquérir les droits de la série américaine Captain Marvel Junior. Encore une fois nous étions sous l’influence culturelle américaine et il y avait une grosse demande chez les lecteurs. Moi, je recherchais activement du travail car je débutais dans le métier et celui-ci me convenait très bien. A l’époque, je changeais souvent de travail et de personnages.


Dans les aventures du Capitaine Marvel version Uderzo, l’action se passait dans le futur et les origines du personnage avait un peu été changées (il devait ses pouvoirs à une machine), alors que tous les autres éléments restaient eux identiques. Vous souvenez-vous du pourquoi de ces changements ?

Vous me parlez d’un temps que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître, si je voulais plagier l’incroyable Charles Aznavour… J’avoue ne pas me souvenir de tous ces détails. Je me souviens que ce pauvre bougre boitait ! Il n’avait pas de prédispositions physiques spéciales. A l’époque, les super-héros n’étaient pas spécialement surdéveloppés physiquement. Il avait effectivement des pouvoirs qui le rendait aussi fort qu’un superman, ce qui lui permettait de combattre un savant fou qui avait une machine infernale, mais peut-être que je me trompe… J’ai finalement beaucoup de tendresse à me souvenir de toute cette période maintenant que j’ai 81 ans… Me voilà en train de vous parler de superman, de savants fous, d’armes lasers, etc. Et le tout dans un costume avec une cravate ! A mon âge, on dirait un petit garçon !!!


Captain Marvel avait auparavant été publié en France par la Société Parisienne d’Edition, du temps où vous faisiez du lettrage. Vous étiez familier avec lui ou d’autres super-héros américains ?

Non, non, j’ai vraiment connu Captain Marvel Junior avec les Belges et leur magazine Bravo. Oui, j’étais familier avec les super-héros américains car ils faisaient mon bonheur de lecteur de comics, plus jeune. Et, comme je le disais, j’avais le goût des héros musclés. Je faisais moi-même de la musculation, j’avais donc une bonne connaissance du corps humain et des muscles qu’on pouvait développer…


Il y a quelques similitudes entre Captain Marvel et Astérix. Quand Cazptain Marvel se transforme et augmente sa force, il y a un éclair assez caractéristique. Et les deux héros doivent leur pouvoir à un mage à la longue barbe blanche. Pensez-vous qu’une influence ait été possible au mome,nt de la création du petit gaulois ?

C’est possible, on m’a souvent dit cela. Cela dit, il n’y a pas 50 manières de représenter des effets… Ce n’est pas forcément avec Capitaine Marvel que j’ai commencé et c’est avec Astérix que j’ai continué. J’avais déjà fait des choses avant Captain Marvel, comme Clopinard qui avait un canon à la place de la jambe et à qui j’avais fait absorber un baril de poudre, aussi lorsqu’il marchait, cela faisait des éclairs. Quant au mage… Ma foie, je ne sais plus. L’influence serait alors inconsciente ! Cela dit, on se représentait souvent les Gaulois avec des moustaches et des tresses, et les mages de l’époque étaient souvent représentés avec des grandes barbes et des toges aussi !


Aujourd’hui, ces épisodes de Captain Marvel sont devenus des collectors, jamais réimprimés. Les droits du personnage étant désormais gérés par DC Comics, vous seriez contre une réédition de cette rareté ?


Contre une réédition non, bien sûr, si cela peut faire plaisir… J’imagine aisément que ces illustrés de Captain Marvel doivent être rares.


Dans « Belloy l’invulnérable », la BD que vous avez un temps produite avec Charlier, le héros a des proportions très proches de celles d’un super-héros américain. Qu’est-ce qui a fait que vous vous détourniez de ces proportions plus classiques pour quelque chose de plus en rondeur ?

A, Belloy… Une autre époque… Un autre personnage que j’ai créé effectivement et pour lequel j’ai demandé à Charlier de venir participer au scénarii. Il y avait une mode, je le disais plus haut , du muscle surdéveloppé… Ainsi, j’adorais Spider-man ! Si au départ les personnages avaient des proportions très humaines, plus on allait dans le temps, plus les canons physiques changeaient et les muscles étaient nombreux, très dessinés et surdéveloppés… A telle enseigne que j’ai une fois dessiné un personnage, Harys Buck, qui était tellement musclé que j’avais oublié de lui dessiner une tête assortie… On la qualifiait de « microcéphale » ! Je me suis senti bien honteux et j’ai décidé d’arrêter le thème pour revenir à des considérations plus harmonieuses, je dirais notamment avec Belloy, qui reste un bel homme avec une belle tête, quand même…


Une de vos premières collaborations avec Goscinny fut Oumpah-pah le petit indien. Certains disent que sa création avait été pensée en visant le marché américain et que c’est pour cela que la BD avait été lettrée par le collaborateur habituel de Milton Caniff. Aviez-vous vraiment des ambitions visant l’autre côté de l’Atlantique ?

Non, cette série n’a pas été créée pour le marché américain. C’est bien, en revanche, une des premières séries que j’ai réalisées avec mon ami René. En fait, la vraie histoire est qu’à l’époque René (à la demande de Dupuis) devait se rendre aux Etats-Unis pour s’occuper d’une émission qu’il produisait, TV Family. Nous en avons donc profité pour préparer quelques planches qu’il a prises sous son bras avec la ferme attention de vanter nos mérites outre-Atlantique. Il en a résulté que décidément les Américains (surtout à l’époque) n’apprécient pas qu’on parodie leur histoire… En revanche, nous avons effectivement eu l’honneur de voir notre travail enrichi de la patte du lettreur de Milton Caniff. Il était d’origine asiatique, et c’est par l’intermédiaire de Monsieur Kurtzman (ndlr : Harvey Kurtzman, tête pensante du magazine Mad) que René l’a connu. Le fameux Monsieur Kurtzman avait beaucoup apprécié notre série et l’avait mise dans les mains de cet artiste. Nous en étions très fiers…


On sait que Goscinny avait envisagé de s’installer aux Etats-Unis. Est-ce que de votre côté le « rêve américain » vous a un jour travaillé ?

Comme je vous le disais, René n’a jamais vraiment voulu s’installer là-bas… Et lorsqu’il y est reparti à l’occasion de l’émission que je citais plus haut, je peux vous dire qu’il ne comptait pas y rester. Nous avions débuté notre aventure et il était sur le point de fêter sa première année là-bas… Nous avons beaucoup correspondu à cette époque par des moyens aussi improbables qu’innovants pour l’époque. Je me souviens d’un courrier qu’il m’a envoyé à l’époque et qui m’a fat tellement rire ! Il y décrivait son bureau qui culminait au 26ème étage d’un building et à propos duquel il disait que la vue était magnifique et que c’était le seul intérêt ; en effet, si on voulait se jeter par la fenêtre, c’était tellement élevé qu’on risquait de mourir d’ennui ! Nous avons pensé, avec Charlier, à aller le rejoindre, malgré mon niveau zéro en anglais, que j’ai essayé d’améliorer tout de même. Mais j’ai, cette année-là, rencontré ma douce Ada et l’amour a été plus fort . J’ai préféré demander sa main à son père qui, autoritaire, m’a dit, lorsque je lui ai expliqué mes projets : « Et bien revenez dans trois ans et nous verrons à ce moment-là ! » Le rêve américain s’est arrêté là et je ne regrette rien !!!


Goscinny, Charlier et vous-même avez travaillé pour l’éditeur World Press avant de claquer la porte en raison de la manière dont les auteurs étaient traités. Est-ce que finalement ce n’est pas cette différence de droits plus qu’une question de style qui a fait que vous aviez pris ensuite la place qu’on sait dans la BD européenne plutôt qu’aux Etats-Unis ? Si les comics avaient été plus accueillants, pas de journal Pilote ?


Il est vrai que la gestion des droits des auteurs n’est pas du tout faite de la même manière en Europe et aux Etats-Unis. Là-bas, les « syndicates » sont souvent propriétaires des personnages sans considérer l’auteur, qui reste finalement un simple dessinateur en ce sens que s’il venait à disparaître, un autre dessinateur prendrait sa place pour représenter le même personnage. Lorsque nous avions été approchés pour une adaptation d’Astérix outre-Atlantique, nous avions refusé leur offre, considérant qu’ils touchaient à notre propriété par le simple fait de vouloir changer le format de notre BD afin de l’adapter aux comics locaux ! Cela n’était pas possible ! Quant à Pilote, nous sommes effectivement partis de la World Press pour les raisons évoquées, mais Pilote a existé car enfin nous avons rencontré un grand monsieur, François Clauteaux , qui a été le premier à imaginer un magazine adapté aux petits Français de l’époque. Ni voyez là aucun nationalisme mal placé, loin s’en faut… Comme je le disais, l’influence culturelle américaine était à l’époque très forte en France et son idée était de proposer un magazine qui puisse montrer aux petits jeunes la richesse culturelle française. C’est ainsi qu’est né le journal Pilote, « le magazine qui s’amuse à réfléchir » !


Il serait difficile de conclure cette interview sans vous parler de la réception du précédent album d’Astérix. Certains y ont vu un plaidoyer pour la BD franco-belge contre le reste du monde mais, à l’évidence, vu les phrases relevées dans les questions précédentes, cela ne peut être le cas. Pensez-vous que les milieux européens, américains, japonais soient voués à une concurrence fratricide ?

Je le déplorerai mais cela me semble inévitable si on continue de vouloir vendre des produits plutôt que de proposer différentes cultures. La bande dessinée est une grande famille et rien ne m’enlèvera le plaisir de parler crayons et gommes avec mes confrères. Nous avons tous la passion de dessiner et de raconter des histoires, quel que soit le thème choisi et la manière de le développer. J’ai été touché d’entendre une fois que le genre franco-belge était obsolète pour le marché de la bande dessinée au profit du genre nippon qui lui apportait un souffle nouveau. Mon avis résumé dans cette phrase, car je ne veux pas croire que l’on oubliera Franquin, Hergé, Peyo, Roba, ou même Kurtzmann, Caniff, Calvo, et j’en oublie trop… simplement parce que le coût d’un petit livre est moins élevé entre autres raisons que je ne développerai pas ici. Oui, je déplore que l’on mette en concurrence tous ces styles que l’on associe à des marchés particuliers plutôt que de proposer la richesse d’un genre en général : la Bande Dessinée avec des majuscules. Je le regrette, parce que la rencontre des différences permet des aventures formidables et je me souviendrai toujours avec beaucoup d’émotion et de nostalgie des déjeuners que nous nous organisions une fois par mois entre dessinateurs à la frontière franco-belge. Cela restera pour moi des instants inoubliables car je ne suis pas sûr aujourd’hui que l’on permette de telles rencontres pour le plaisir de faire échanger deux (ou trois ou quatre et plus) auteurs entre eux, qui pourraient partager les secrets de leur discipline ! Je ne parle pas des Américains qui, comme je le disais plus haut, ont une organisation différente ! J’ai été critiqué oui, mais pas par les lecteurs, que je remercie une fois de plus de m’avoir suivi dans cette aventure… Grâce à eux, je me permets, de répondre au monsieur dont je parlais plus haut, que, finalement, le genre franco-belge n’est pas si moribond ! je lui souhaite de longues années avec les dessinateurs de talent que l’on connaît aujourd’hui ! Bien sûr, il en va de même pour la vie de nos super-héros qui, normalement, ne devraient pas être inquiétés si l’on continue de leur donner les super-pouvoirs dont ils ont toujours disposé !


Dernière édition par Juju le Sam 20 Sep 2008 - 17:11, édité 1 fois
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Tristantitoune

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Mer 10 Sep 2008 - 19:49

toujours les memes questions lui sont posees
ils devraient demander plutot qu'est ce qu'il compte faire bientot
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fan2goscinny

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Lun 15 Sep 2008 - 10:25

Ils devraient aussi lui demander qui il a caricaturé dans Saül Payé (L'Odyssée d'Astérix) : Goscinny ou Fernand Raynaud ?
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Tristantitoune

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Ven 19 Sep 2008 - 16:34

ca doit être un préalable pour que les revues aient ces interviews, des questions policées sans polémiques
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fan2goscinny

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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Ven 19 Sep 2008 - 23:49

Eh oui, malheureusement..
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Juju
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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Sam 20 Sep 2008 - 17:14

J'ai fini de mettre l'interview en ligne !

Vous trouverez ci-dessous deux articles parus dans le même magazine.

C'est Goscinny qui est caricaturé dans "L'odyssée d'Astérix", fan2goscinny (c'est pour cela que l'album lui est dédié, puisque notre scénariste était Juif et qui l'histoire se déroule en Israël).



Ô capitaine, mon capitaine…

En avril 1950, les lecteurs du journal Bravo découvrent les aventures de Captain Marvel Junior, un jeune super-héros dessiné par Al Uderzo à raison d’une page (la dernière du magazine) par semaine. Aux USA Captain Marvel Junior est le jeune auxiliaire de Captain Marvel (tout court), héros assez populaire dans les années 40 pour éclipser de temps à autre les ventes de Superman. Grâce au sortilège d’un mage, quand Billy Batson criait « Sahzam » il se transformait en un héros surpuissant, drapé de rouge et de blanc. Après avoir été sauvagement attaqué par un nazi, Freddy Freeman était devenu boiteux. Mais grâce à un arrangement spécial entre Captain Marvel et le sorcier Shazam, Freddy pouvait se transformer lui aussi en super-héros (rouge et bleu) en criant le nom de son idole, Captain Marvel. Aux USA, Captain Marvel Junior avait une série (Master Comics) parallèle à celle de son mentor, ce qui était assez rare à cette époque. Les éditeurs américains préféraient plutôt que les jeunes héros restent dans l’ombre de l’adulte. C’est sans doute pour cela que « Junior » occupa jusque dans les années 50 une place bien à part. Être héros adolescent vivant de manière indépendante faisait un peu de lui le Spider-Man de son époque. Parmi les fans assidus de Captain Marvel Jr., on comptait un jeune garçon appelé à devenir célèbre sous le nom d’Elvis Presley. Non seulement il s’agissait de son héros préféré mais Presley inventa son look en s’inspirant de la coupe de cheveux de « Junior ». De même, le dessin de l’éclair propre aux héros de la « famille Marvel » se retrouve sur certains costumes de scène. Bref , dans les années 40/50, Captain Marvel Jr. faisait son petit effet…
Ce qui explique sans doute que les responsables de l’hebdomadaire belge Bravo s’intéressèrent à lui. Quant à savoir pourquoi le matériel américain d’origine ne fut pas utilisé, mystère. Il y avait cependant un précédent dans le journal. Pendant la seconde guerre mondiale, Bravo s’était retrouvé à court d’histoires de Flash Gordon à publier. A partir de 1942, les Allemands avaient en effet interdit de publier du matériel américain. Les rédacteurs de Bravo demandèrent alors à Edgar P. Jacobs de continuer les aventures de Gordon pendant quelques semaines, avant que les occupants insistent pour que Flash Gordon, quand bien même dessiné par un Européen, s’arrête. A la fin des années 40, la situation était bien sûr différente et l’obligation de produire la BD en Europe devait sans doute plus au fait que Bravo ne réservait qu’une page aux aventures de Captain Marvel Jr.. Les aventures américaines, elles, en comportaient plusieurs. Leur narration n’aurait pas convenu. Puis, il y avait aussi les adversaires idéologiques de toute BD étrangère. En faisant appel à un dessinateur français, on coupait court aux critiques. A l’évidence, l’équipe avait comme seule source des épisodes de Captain Marvel Junior qui définissaient mal son contexte ou ses origines. C’est pourquoi la version dessinée par Uderzo comporte plusieurs différences. D’abord, bien que publiée en 1950, l’histoire se passe en 1980 (sans raison particulière puisque le monde décrit est technologiquement celui des années cinquante). Quand la saga commence, Freddy Freeman n’a aucun pourvoir particulier. Mais il tombe sur le Docteur Satano, l’archétype même du savant fou, qui est en train d’inventer une machine qui fera de lui le maître du monde. Satano veut se donner des super-pouvoirs. Le fait que Freddie arrive par hasard dans la pièce fait que lui aussi obtienne la même puissance et le même costume. On notera donc que le Captain Marvel « Senior » et le sorcier Shazam sont ici expurgés de l’origine de Freddy, au bénéfice d’un scientifique qui joue aussi le rôle de version maléfique. Non seulement la série est un des premiers cas de contenu super-héroïque créé expressément pour le lectorat francophone mais en plus elle est bilingue. Bravo est en effet publié dans deux éditions. Une en français, l’autre en néerlandais. Le « Captain Marvel Jr. » d’Uderzo est donc également connu sous le nom de Kapitein Marvel Jr. ! L’histoire dura 26 semaines avant que l’artiste ne s’en aille vers d’autres horizons. Le journal Bravo s’arrêta en 1951, sans avoir eu l’occasion de poursuivre plus loin l’expérience de « Junior »…



Goscinny in the USA

L’autre père d’Astérix n’est malheureusement plus là pour parler des ses relations avec l’Amérique. Elles furent pourtant elles aussi réelles. On sait que, dans son enfance, il fut lecteur (entre autres choses) de comics traduits en français ou en espagnol . Après avoir passé son adolescence en Amérique du Sud, il débarque aux Etats-Unis une première fois en 1945. Après un séjour en France, le temps de faire son service militaire, il retourne vite en Amérique. Il a l’ambition de travailler un jour pour les studios Disney, et peut-être même de rester pour de bon là-bas. Mais rien n’y fait, il n’y aura pas de rencontre avec le papa de Mickey. Le rêve américain a du plomb dans l’aile. Le jeune auteur se retrouve sans travail et traverse alors ce qui sera une des pires périodes de vaches maigres de sa carrière. Il est frappé par le mépris des éditeurs américains, qui ne se donnent même pas la peine de lui écrire une lettre de refus. Il envoie ainsi plusieurs dessins au journal The New Yorker. On ne lui donnera jamais signe de vie, même quand l’artiste écrit une nouvelle fois pour se plaindre de ce silence. Dans leur livre « René Goscinny dessinateur », Aymar du Chatenet et Christian Marmonnier rapportent cette phrase terrible, qui reflète la profondeur de la blessure : « Je connais tous les éditeurs américains et toutes leurs formules de refus .» Dans son malheur, René Goscinny n’est pas sans amis. Il rencontre alors quelques autres artistes de son âge. Et quelle brochette ! Il s’agit tout simplement de ceux qui, quelques temps plus tard, iront travailler pour EC Comics puis formeront les forces vives du journal Mad. Goscinny fait ami-ami avec Harvey Kurtzman, Jack Davis, Will Elder et John Severin(qui, en dehors de sa carrière chez EC et Mad, ira plus tard travailler pour Marvel Comics, principalement sur des titres de western). Le hasard fait que Goscinny est tombé sur une véritable pépinière de futurs talents de la BD américaine. Il ne fait d’ailleurs pas que les croiser. A partir de 1948, il est dessinateur dans un studio où oeuvrent Kurtzman, Elder et Severin. Imaginez : le futur créateur d’Astérix dans la même pièce que les piliers de Mad. L’ambiance est hystérique, propice aux gags. Et comme tout ce petit monde est artiste, on ne correspond pas par des cartes postales achetées dans le commerce. Non, on envoie aux copains ou à la famille des dessins croqués par l’un, encrés par l’autre… Donnant naissance à quelques collectors qui portent aussi bien la patte d’un Severin que d’un Goscinny. Les amitiés qui naissent alors dureront des dizaines d’années. Mais, à New York, Goscinny ne fait pas seulement la connaissance d’Américains. Il y croise aussi un certain Maurice de Bévère, plus connu sous le nom de Morris. Ensemble, Goscinny et Morris s’inspireront plus tard d’un certain parfum d’Amérique pour créer un fameux cow-boy, Lucky Luke. Goscinny revient en France en 1951. Un an plus tard, ses amis américains fondent Mad, ce qui laisse songeur sur la carrière qu’aurait eu le Français s’il avait attendu quelques mois de plus. Serait-il à son tour devenu un des piliers de Mad ? Quoi qu’il en soit, malgré la distance, René Goscinny garde un regard sur la production de ses amis américains. Plus tard, il aura, avec Uderzo, l’occasion de cocréer Oumpah-Pah le petit Indien. Et quand Goscinny est l’une des têtes de l’aventure du journal Pilote, l’influence du Mad de son ami Harvey Kurtzman est manifeste… Il y a même, dans les années 1960, un moment où les éditeurs américains s’intéressent au succès d’Astérix. Publier le petit Gaulois de l’autre côté de l’Atlantique, la revanche serait belle. Mais les Américains ont une exigence de taille : comme le concept leur semble trop franco-français, il faudrait changer la formule de la série. Pas question ! Uderzo et Goscinny en resteront là et Astérix ne traversa l’océan que des années plus tard, en ayant conservé son intégrité…
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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   Sam 20 Sep 2008 - 18:14

En effet des BDs d'astérix sont disponible au USA.Lors de mon récent voyage la bas j'en est trouver quelques uns mais ils était en Espagnol et non en anglais.Smile
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MessageSujet: Re: Uderzo dans la revue Comic Box !   

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Uderzo dans la revue Comic Box !
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